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Les années folles

Les années folles - Gérard Dubreuil

Les historiens ont l'habitude d'appeler les années folles, celles d'après la Seconde Guerre mondiale, mais moi, c'est mon jeune âge que j'appelle années folles ! Que de choses insensées, disjonctées, inimaginables, n'avons-nous pas faites, dans notre jeune âge. Un grand nombre de bêtises qui aujourd'hui nous font rire aux éclats lorsqu'on s'en souvient. Plus grands, plus matures, on a que nos merveilleux souvenirs, nos anciens chapitres du livre de notre parcours, pour avoir un semblant d'extase dans notre nouvelle vie, devenue monotone. Une monotonie qui se résume à famille et boulot, mais qu'on oublie des fois entre amis, pour nous évader dans des époques lointaines où on était libre.

J'étais devenu un bel homme à la sortie de mon adolescence. Sérieux, j’étais un vrai tombeur, j'avais tout pour plaire: un charisme, une belle sculpture, une allure posée et assurée, une belle voiture. Avec mes amis, on constituait une vraie bande de frimeurs, un peu égocentriques et tout aussi excentriques avec nos tenues. Des boucles d'oreille par-ici, une cigarette à la main, des habits colorés par-là, on vivait vraiment les années 50 à fond. Dans notre bande, on était tous amoureux d’Olivia Newton John et de Gloria Lasso, et les titres cultes des Supremes commandaient nos soirées la nuit. Le jour, j’effectuais de la livraison 24h de colis pour le bar dans lequel je travaillais, et la nuit, je dépensais tout mon fric avec mes amis, rien que pour la frime.  Pour sortir, je portais une veste "members only" et un pantalon fluorescent, les autres avaient souvent un pantalon lavé à l'acide et un pull à motifs, c'était la grande tendance, la grande classe. Puis, nous montions dans ma vieille Thunderbird, une voiture de rêve, qui faisait fureur auprès des filles.

Les filles n'étaient pas si différentes de nous, elles étaient tout aussi festives avec leur chevelure dense qui ressemblait plus à une crinière qu'à autre chose. Elles aimaient porter des minijupes, et aimaient les couleurs surtout avec le fluo, mais aussi elles étaient passionnées de "Elvis Presley". Nous passions devant chez elles, les prenaient à l'arrière, puis s'en suivait une conduite farfelue, rythmée par une bonne musique jusqu'au bar où on allait s'éclater. Là-bas, une ambiance folle, extraordinaire, et tout aussi dégénérée nous y attendait, nous y retrouvions nos amis, nos compagnons de délire. Nous dansions avec nos copines des années 50, sous le style Rock&Roll ou sur un titre sensuel des Platters, "Smoke Gets In Your Eyes ".

Vous l'aurez compris, aujourd'hui je suis grand-père, et je suis nostalgique de toute cette folie, mais j'en profite aussi pour y tirer de la joie, afin d'en donner à mes petites-filles et petits-fils. Vivez la vie, et faites-vous de beaux souvenirs.

À propos de l’auteur :

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Même si au départ la technologie n’était pas du tout mon créneau de prédilection, j’ai très rapidement développé une véritable passion pour l’internet. C’est grâce à mon jeune garçon – qui m’a initié au Web – que j’arrive maintenant à développer une communauté en ligne. C’est parallèlement à ma carrière de représentant publicitaire que j’écris à chaque semaine des billets de blogue qui parlent d’une panoplie de sujets parlant de tout et de rien. Non mais, quel duo du tonnerre!